La vingt-cinquième heure

Dans le long sillon magnétique de shots ivres
Suivant le couloir tortueux de mon insomnie
J'ai vu passer l'heure dernière et j'ai pu vivre
La sinistre affaire de mon ivrognerie

J'ai vu passer cette heure dernière à laquelle
Comme des lambeaux blancs de halos s'accrochaient
Des fantômes fiers ainsi que des aquarelles
Qui de leurs formes belles mon c½ur écorchaient

Le temps n'était ni freiné par cette Emotion
Ni accéléré par les envies de boisson
Le temps n'était plus : stoppé par l'ataraxie
Le temps bête innocent dans sa paraplégie

Les cuivres graves des voies du mal tintèrent
Et les anges gémissaient derrière la voûte sombre
Qui recouvrait tel un linceul froissé la Terre
La mort sonore du Temps chiffonna les ombres

Dans la rue nappée d'huile illusoire je glisse
Comme en pleine tempête je vacille et tangue
Sur le pont du bateau roi ivre des grands lys
Les voiles prennent le vent telle l'alcool la langue

Je vois scintiller sur l'horizon des lumières
Les lumières vermeilles de l'Existence
Vers lesquelles mon bateaux hors d'haleine et fier
Se rue tel un ahurie remuant en transe

Ô Vingt-cinquième heure heure du possible
Dans ton écrin velouté l'espoir s'étrangle
Et le rêve revêt une forme plausible
Dans lequel patauge gaiement mon c½ur étrange

# Posté le dimanche 25 novembre 2007 12:14

29/09/07

Lamentations

J'ai enfermé mon salut dans l'écrin de ta tendresse, un soir où, le long de ta gorge vibrante les salives de l'envi remontaient, où, les poumons gonflés de bonté, tu te pencha sur mon cas avec, dans les yeux, une lueur différente, une luciole enhardie. Courte parenthèse suspendue au-dessus d'une longue relation, nourrie d'une amitié par défaut, où le désir d'antan a eu cent fois le temps de s'éroder, de se rouiller sous la pluie des nouvelles rencontres, des différents élans de ton c½ur.
Sur mes joues bombées par l'asthénie, mes larmes ont creusé un sillon, mes larmes d'ébène, mes larmes à la couleur de ma peine. Ma passion leurrée... L'ineffable tristesse enfle ma faim d'émotion. A chercher, genou à terre, rampant dans la fange de mes désirs, pathétique, à chercher un mauvais exemple, au mieux, de cette nuit où j'ai pu croire que tu m'aimais (où je m'en suis à tord convaincu, le c½ur a ses raisons).
Sur mon visage, mes traits se sont figés en une immonde grimace. Le dégoût du vrai. Seules les ½uvres de la grâce les plus accomplies en ont tiré un sourcillement de joie. Un poème de Baudelaire, une mélancolie de Mozart, un nu de Klimt, une statue antique d'Eros, la tiédeur d'un corps de femme, d'une amante allongée dans mon lit. Je priais l'improbable de bien vouloir m'accorder, comme à Pygmalion, que l'une de mes muses chimériques prit forme un instant, pour retrouver dans un intervalle de temps (chaque intervalle contient l'infini) mon idéal à porté de main, le palper, comme cette nuit magnifique avec toi.
En reprenant depuis le début, on en conclu vite que ma faute la plus fatale fût de t'aimer trop. On paye cher le fardeau de la sensibilité, on le paye par une vie d'errance : on n'est saisi qu'une fois par la grâce, car la grâce est toute relative, et un aperçu se meut en définition. Définition, au sillage de laquelle on s'accroche farouchement, pour en respirer les effluves volatiles et éthérées, hardi comme l'animal affamé face au danger mais bavant sur sa proie. On s'échiner à parler gauchement de cette angoisse, de cet idéal, comme le poète téméraire, et on en finit écorché, on en contracte le cancer. On se réveille un jour, où la lumière s'est assombrie, directement en phase terminale, sans avoir jamais été prévenus que par les folies des génies de l'Art. Mais l'Art, quand on l'entend (je n'ai pas dis quand on le comprend, car c'est stérile de le comprendre, j'ai dis quand on l'entend), l'Art est magnétique. Avant cela, on s'aveugle dans un temps de latence, à humer les brouillards des plaisirs, et à héler l'Idéal (voire même l'insulter, l'insupportable).
La synesthésie est éloquente pour qui sait l'entendre.
On gâche des amours potentiels, engraissant notre peine, tant et si bien quel la peine construit petit à petit le refuge le plus douillet à l'âme éviscérée. On essai de dégager le brouillard, de le lever, en battant l'air d'une main tremblante, mais la bruine épaisse des amours purs est trop dense. On aime une autre femme, pour finalement se détester soi-même de n'y pas parvenir.
Le pire, dans tout ça, c'est la lucidité. Qu'on trouble en avalant du whisky, on se sent mieux quand il nous pénètre, nous imbibe, armé de son amertume forte, amertume traduite par la grimace d'un visage avide d'ivresse.

# Posté le samedi 29 septembre 2007 11:54

Modifié le dimanche 30 septembre 2007 06:51

La transfiguration du poëte

Le cortège d'illusions de mon histoire
Arpente, dans le sillon évocateur
D'une réminiscence dérisoire,
Les méandres de ma passion leurrée.

Comme un ciel qui pudique s'assombri
Timide de son azur céruléen
Plongeant le monde dans la pénombre aigrie
Et floue la frontière du manichéen,

Titubant, éthylique, je m'abandonne
A mon chagrin aimant et monotone
Et voit poindre en mon âme immonde

Le spectre de mon mauvais génie.
Parqué dans mon c½ur chaud, il s'ingénie
A émettre, grands yeux ouverts, sa mauvaise onde.

# Posté le vendredi 21 septembre 2007 14:17

A la triste abandonnée

Regarde mon ½il
Plonge dans sa caverne
Et lorgne
La larme qui s'en extrait
Comme une lame que l'on
Retire lentement
De la déployée la plaie
Le froid âcre d'une épée
Ensanglantée
Que l'on déracine
De mon ½il humide

# Posté le dimanche 02 septembre 2007 08:13

Le poëte et la muse

Mon c½ur lourd mis à nu devant toi se prosterne

Ainsi va la vie vivace et envenimée
Dans cette course effrontée du destin trébuche
Le rêve doux désarmé sans aucune embûche
Le phénix bigarré dans les courants d'airs traverse
Les doux soupirs du ciel et ses larmes en averses
La volupté grise exhalée par la tempête
Caresse mon bon c½ur qui se renverse et tangue
Il saigne la langueur avec l'exaltation
Des sens déréglés délivrance de l'arraison
L'improbable souvenir fantomatique d'Elle
Ecorche ma rétine bleue de l'intérieur

Mon c½ur lourd mis à nu devant toi se prosterne

# Posté le samedi 28 juillet 2007 10:58